Bagua Zhang ou boxe des huit trigrammes

L’efficacité par le cercle

Le Bagua zhang est un style qui utilise surtout des déplacements circulaires Le pratiquant se déplace en suivant un cercle imaginaire sur le sol, en croisant et décroisant les jambes, tout en effectuant des mouvements de bras circulaires, selon un rythme fluide et continu. Le style aurait été créé au 18e siècle mais le nom du fondateur est inconnu. Le premier grand maître incontestable du Bagua zhang fut Tong Hai-Tch’ouan, qui vécut au 19′ siècle. Le terme Bagua signifie Huit Trigrammes et il fait directement référence aux figures (trigrammes et hexagrammes) du fameux classique chinois, le Yi-king ou Livre des Mutations. Le terme zhang signifie la paume car, dans ce style, la main ouverte est beaucoup plus utilisée que le poing fermé Comme pour le Taiji quan, il existe aujourd’hui plusieurs styles différents de Bagua zhang.

Le maître Wong Tun Ken s’explique sur la nature réelle du Bagua Zhang.
Karate-Bushido : Le Bagua Zhang repose sur le mouvement de la marche en cercle, qui est certainement le plus Insolite au sein de la gestuelle propre aux arts martiaux d’extrême orient. Quels en sont les grands principes et quels bénéfices l’adepte est-il en droit d’en retirer?

Maître Wang Tun Ken : La marche en cercle est issue de l’une des branches du Taoïsme, intitulée Long Men Pai (La Porte du Dragon). Ses adeptes avaient en effet coutume de s’adonner à cette pratique le matin ou le soir comme exercice énergétique de santé et pour éveiller l’esprit. C’est d’ailleurs auprès d’un taoïste que le maître Tong Haï Chuan a appris cette méthode. On ne sait pas au juste si c’est à lui personnellement que l’on doit les techniques de combat du Bagua ou bien s’il les a apprises directement auprès des taoïstes. Mais cette façon de marcher si particulière, il est absolument certain que ce sont eux qui lui ont

enseignée. En ce qui consiste la marche en cercle, elle permet surtout de développer l’énergie et par conséquent de favoriser la santé. Les taoïstes avaient l’habitude de marcher de cette façon, en veillant à la perfection de leur posture, à la tranquillité de leur esprit et au relâchement de leurs mouvements. Il s’agit bien, donc, d’un exercice de Qi gong dynamique. Mais le Bagua Zhang est aussi, bien entendu, une boxe de l’école interne. Elle n’a rien à voir avec les arts martiaux de l’école externe. Par interne, nous entendons trois points clefs:

1) Le calme, la concentration dans le travail.

2) La décontraction. Comment parvenir à l’état de relâchement total du corps

3) Il faut transformer la façon dont le corps travaille, dans une direction complètement différente de celle que l’on entend dans la vie quotidienne.

Ces trois points clefs sont fondamentaux et sont observés à la fois par les pratiquants de Taijiquan, de Bagua Zhang et de Xingyi Quan, caractérisant ainsi formellement l’école interne par opposition à l’école externe. En renforçant l’équilibre énergétique, on renforce pareillement la santé. Si l’on n’observe pas correctement ces principes, on est susceptible de bloquer le flux harmonieux de l’énergie dans le corps. Enfin, dans le combat, Si l’on mélange avec des apports de l’école externe, on se situera sur le plan de l’externe et non plus sur celui de l’énergie… En d’autres termes, on aura perdu beaucoup de temps pour rien. Et c’est précisément parce qu’il est si difficile de se débarrasser de la raideur et de la tension que beaucoup de pratiquants, par manque de patience, abandonnent en cours de route. Si l’on travaille correctement, en observant bien tous les principes, en trois ans seulement il est possible d’obtenir des résultats encourageants.

Du courant Interne

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