Shao Lin Quan 少林拳 – La boxe de Shaolin

Figure Shaolin Quan

Les origines

Le Shao Lin Quan ou « Boxe de Shaolin » est issu des monastères de Shaolin (« jeune forêt »), en particulier de celui du Songshan (« mont Song »), dans le comté de Denfeng (province du Henan)près de la ville de Zhongzhou.

Selon la légende, le moine indien Bodhidharma (Da Mo en mandarin, Daruma en japonais), 27e patriarche du bouddhisme Mahayana (« grand véhicule »), serait venu d’Inde vers 527 pour apporter la bonne parole à l’empereur de Chine de l’époque Liang Wudi. Son entrevue mis l’empereur à mal dans ses croyances et tourna court. Damo se rendit alors au monastère bouddhiste de Shaolin, dans le Henan (fondé en 495), où il resta neuf ans en méditation face à un mur. Puis il se mit à enseigner aux moines la forme de bouddhisme que les chinois nommèrent Chan (Zen en Japonais). Trouvant les moines dans une condition physique déplorable, Damo leur enseigna une série de dix-huit mouvements, les Shi Ba Luo Han Shou (« 18 mains des arhats ») que l’on retrouve dans le Yi jin jing, le Livre des muscles et des tendons, un classique chinois qui lui est attribué mais qui d’après les dernières recherche n’a rien avoir avec lui . D’après la légende, ces mouvements seraient à l’origine des arts martiaux de Shaolin.

Le renaissance

En 1982, Le célèbre film « Le monastère de Shaolin » (Shaolin Si), révéla le champion sportif  Li Lianjie alias « Jet Li ». La vie du célèbre moine Haideng vue et corrigé par la propagande communiste, qui trouva ici l’occasion parfaite de véhiculer ses idées dans des œuvres accessibles et aimés de tous les chinois. Cette prise de conscience donnera naissance par la suite aux premières troupes artistiques que l’on peut voir sillonner le monde entier. Présentés comme de véritables moines, ils ne sont que le produit d’un gouvernement qui a saisit l’importance de montrer une autre image de la Chine en occident.

A cette époque, le temple est dans un piteux état, il a du traverser la révolution culturelle et la destruction de tout symbole religieux en Chine par les communistes. Seuls quelques vieillards semblent avoir pu rester vivre près du temple jusqu’en 1982, et certainement en faisant preuve en tout cas en façade, d’une grande « sympathie » pour le pouvoir en place. Lorsque ce film eu le succès qu’on lui connait, le gouvernement eu tôt fait de nommer quelques nouveaux moines triés sur le volet pour repeupler le temple comme avant, en apparence. Peut-on croire que le bouddhisme s’est reconstitué spontanément et qu’il a retrouvé son sens originel d’un coup de baguette magique ? Ceux qui ont permis sa pseudo-renaissance ne nourrissent pour la plupart aucun intérêt profond pour le bouddhisme ou pour les arts martiaux, ils n’y voient qu’un outil efficace de manipulation des masses. Et ca marche…

Si vous avez encore des doutes, faites donc un tour sur ce site, et dites moi si des moines seraient capable de faire ce genre de site :

http://www.shaolin-overseas.org

L’arrivé en France

Le reste est facile à deviner, des moines envoyés par le gouvernement chinois, bardés de diplômes fraichement imprimés, arrivent un peu partout en occident. Je ne remets pas ici en cause leur qualités physiques. Ils ont certes suivi un entrainement drastique, voir militaire, souvent des enfants orphelins qui trouvent dans ces écoles une nouvelle famille. Cependant, la fabuleuse tradition martiale chinoise, a bel et bien disparue dans ce contexte. Je parle ici des relations humaines particulières qui s’établissent grâce à l’enseignement traditionnel du kung fu. Sans cela, on ne peut pas parler de kung fu, c’est d’ailleurs pour cette raison que le gouvernement l’a renommé « Wushu », il s’agit d’une discipline sportive, avec des profs et des compet’. Encore une fois, cela n’est pas une critique, juste une remise à leur place des choses. « L’olympisation » d’une tradition a aussi ses avantages, elle permet de faire connaitre un ensemble de valeurs que la Chine a besoin de montrer. Dommage que cela soit au détriment de ceux qui tentent, sans plus aucun soutient aujourd’hui là bas et ici d’ailleurs, de défendre les vertus puissantes et le schéma social de la tradition martiale.

Le kung fu dans son essence tend à répondre à toutes les questions de la vie, il redéfinit la morale, la loi, les rapports humains, la philosophie, l’alimentation, la santé, la sexualité. C’est pour cette raison que tous les gouvernements Chinois ont toujours tentés de contrôler les écoles de kung fu et s’en sont toujours méfiés, à juste cause. En France, c’est pareil avec les fédérations, les diplômes d’ Etat, les « Dans », les compétitions etc…

Aujourd’hui

Shaolin est le style le plus enseigné en France, il constitue martialement parlant une bonne base pour se renforcer physiquement. Il a malheureusement tendance à être un peu trop glouton en tentant petit à petit de devenir lui même… « LE Kung fu », au même titre que le Karaté. Il brule de son aura tous les autres styles qui ne s’apparentent pas à lui, ou ne lui ressemble pas. A tel point que de nombreux pratiquants se sont vus refoulés lors de passages de grade en pratiquant des styles rares tels le baji quan ou même du Xinyi liuhe Quan.

Le plus grand malheur semble être que dans sa spirale infernale hollywoodienne, le Shaolin Quan a entrainé avec lui le Wudang quan, qui désormais tente de rivaliser avec lui avec les mêmes pratiques de propagande, donc les mêmes dérives … La destruction est totale.

Demain

Demain, peut être que les derniers maîtres qui n’ont pas voulus se soumettre à ce pouvoir central et qui ont fuit, à Taïwan, en Europe, en Amérique du nord, ou qui se sont tout simplement cachés en Chine, sauront peut être faire renaître par le biais de « long-nez » comme nous, une tradition Chinoise qui semble bel et bien compromis en Chine.

Les différents styles

Il convient d’emblé d’établir une distinction nette entre une école spécifique, le Shaolin du Henan, et un Shaolin générique dont se réclament souvent historiquement une pléthore de styles. Pourquoi ce rattachement? Certainement pour des raisons de communication, mieux vaut faire partie d’un mythe puissant relayé par toute la littérature de « cap et d’épée » (Wu Xia Pian) chinoise, vieilles de plusieurs siècles et accepté de tous, que de lutter seul dans son coin.

Aujourd’hui, le terme Shaolin quan désigne non seulement le système qui est toujours pratiqué au sein du temple du Henan, mais également l’ensemble des méthodes de combat qui ont été initialement développées à Shaolin et ont ensuite étés essaimés à travers le pays et au-delà. On distingue ainsi traditionnellement le Shaolin quan du Nord « Bei Shaolinquan », du Shaolin quan du Sud « Nan Shaolin quan.

Le premier est l’héritier des styles issus du monastère du Henan (province du Nord de la Chine), et englobe donc des systèmes tels que le Changquan, le Yin zhao quan ou encore le Bei Tang lang quan. On place parfois même sous la désignation de Bei Shaolin quan, tout style « externe » (dur) et originaire du Nord du pays… Il est alors synonyme de Chang quan (ou boxe longue).

Le second est originaire du temple Shaolin de la province du Fujian, dans le Sud de la Chine. On peut lui rattacher des styles tels que le Hung gar, le Bai he quan, le Choy li fut , le Wing chun , le Tang lang quan du sud, et de nombreuses et inévitables autres déclinaisons aussi variés que le nombre générations de maîtres..

Figure Shaolin Quan

Gu RuZhang (la paume de fer) Gu RuZhang

Il existe un Bei Shaolinquan qui est le fruit d’un travail de compilation effectué au 19e siècle par Gu RuZhang, un des 5 tigres du Nord, qui avait étudié de nombreux systèmes du Nord du pays.

Le style de combat pratiqué au temple de Shaolin-même est très ancien et très complexe. Il a donné naissance à de nombreux autres systèmes, qui se sont disséminés partout. A l’origine on trouvait au temple 18 styles différents, les 18 Portes de Shaolin. Deux ont été définitivement perdus en 1928, lors de l’incendie du monastère par un seigneur de la guerre, dont le Taiji de Shaolin. Il existe encore un Xingyi et un Bagua de Shaolin, différents des styles enseignés à l’extérieur du Temple. Chacun de ces 16 styles comprend cinq ou six formes. Il en existait initialement près de 300. Ces formes se pratiquent avec ou sans armes. Les formes sans armes sont fondées sur l’observation des mouvements des animaux, dont les cinq principaux sont le singe, le tigre, le héron, le serpent, le léopard. A ceux-ci s’ajoutent entre autres la mangouste, l’ours, la mante religieuse, le dragon, la licorne. Au niveau des armes, il en existe 18 principales, dont le sabre, l’épée, le bâton, la hallebarde, la lance, la hache, le couteau, la massue, la chaîne, le fouet.

De nos jours, de nombreuses méthodes de combat chinoises se réclament de Shaolin. Seuls les styles qui s’insèrent dans les deux grandes catégories suivantes peuvent cependant revendiquer avec raison une appartenance à la branche du Shaolin Quan :

Les styles qui ont été un jour enseignés à Shaolin et le sont toujours.

Les styles qui ne sont plus pratiqués à Shaolin, mais dont l’origine ne fait aucun doute.

Figure Shaolin Quan

Technique

Le Temple de Shaolin du Songshan compte environ 80 moines, dont la moitié environ se consacre exclusivement au bouddhisme. L’entraînement est le suivant : tous les matins, réveil à 4 heures. Méditation, puis pratique des arts martiaux jusqu’à 7 heures. Ensuite, les moines prennent leur petit déjeuner. Durant la journée, certains s’occupent d’agriculture tandis que d’autres restent au Temple afin de recevoir les touristes. Le soir, les moines s’entraînent de 19 à 21 heures en hiver et de 20 à 22 heures en été.

A 700 mètres du monastère se trouve le Centre d’Arts Martiaux de Shaolin. C’est là que viennent s’entraîner les jeunes moines. Ils travaillent leur équilibre, en courant sur l’arête sinueuse d’un petit mur en béton, la musculation, par des exercices statiques, style les bras écartés, un poids dans chaque main, dans la position du cavalier. La répétitions des différents taos fait partie des exercices quotidiens à mains nues ou avec armes. Le travail sur des poteaux de bois est un exercice de base. En position mabu, il vise à renforcer les jambes et le souffle. On trouve également des exercices sur des poteaux en signes de Zi et de Wu, sur des poteaux en fleur de prunier… Ce travail débute pour les novices à 40 cm du sol ; lorsqu’ils ont bien assimilé les déplacements et les enchaînements, la hauteur des poteaux augmente, pour culminer à plus de 2 m.

Autres exercices classiques : monter et descendre les escaliers à quatre pattes, ou se suspendre par les pieds à une poutre située à plusieurs mètres du sol.

Les principales formes à mains nues enseignées à Shaolin sont les suivantes :Figure Shaolin Quan

Zhao Yang Quan : « poing dirigé vers le soleil »

Xiao Hong Quan : « poing du petit Hong »

Da Hong Quan : « poing du grand Hong »

Shaolin Da Zu Chang Quan : « poing long du grand ancêtre du Shaolin »

Mei Hua Quan : « poing de la fleur de prunier »

Tong Bei Quan : « poing des bras percés »

Qi Xing Quan : « poing des sept étoiles »

Chuang Shaolin Quan : « poing du Shaolin pénétrant la montagne »

Shaolin Da Bei Quan : « poing de la grande compassion du Shaolin »

Shaolin Kan Jia Quan : « poing de la famille Kan du Shaolin »

Liu He Quan : « poing des 6 harmonies »

Luo Han Quan : « poing des arhats »

Jin Gang Quan : « poing du guerrier doré »

Shaolin Pao Quan : « poing canon du Shaolin »

Shaolin Rou Zi Quan : « poing de la paume douce du Shaolin »

Chang Hu Xin Yi Quan : « poing long de la protection du coeur et de l’esprit »

Da Luo Han Quan : « poing des grands arhats »

Da Jin Gang Quan : « poing du grand guerrier doré »

Qing Long Chu Hai Quan (« poing du dragon s’élevant de la mer »)

Babu Lian Huan Quan (« poing des 8 pas enclenchés »)

Lian Bu Quan (« poing du pas enchaîné »)…

On pratique également les méthodes de qinna (saisies et luxations), ainsi que des méthodes spéciales de combat à courte distance.

Du courant Externe

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