La force/puissance dans le kung fu

NOTIONS DE BASE

La Force : Terme qui exprime la quantité d’énergie livrée ou développée entre la relaxation et le sommet de la contraction musculaire.

La Puissance: Il s’agit de la Force mais on rajoute la notion de « Temps », c’est à dire, combien de secondes mets la force atteindre son point culminant. Plus on est rapide, plus la force est grande.

Donc si je tord une barre de Fer en 1 min, je suis vraiment fort, et si je casse une planche de 5 cm de bois en l’air avec ma jambe, je suis puissant !

il très peu probable d’être puissant et fort car les 2 sont antagonistes, en effet, chacun utilise l’une des 2 type de fibres dont sont composés les muscles, donc en en développant un d’avantage, c’est toujours au détriment de l’autre.

On peut néanmoins être assez puissant et bien fort, soit 60/40% ou l’inverse.

Ainsi, les pratiquants de kung fu sont des gens plutôt puissant tandis que les judokas sont en général plutôt fort.

Bien sûr il existe des exceptions, voyez Bruce Lee, son entraînement l’a amené au sommet de la Force/Puissance, faut t’il encore que votre corps puisse le supporter…

A présent parlons de la force Interne :

En Chine, on dit « avoir le kung fu », ça signifie quoi? En fait, si vous ne l’avez pas votre coup ne sera pas mortel. Vous aurez de grandes difficultés à vaincre l’adversaire. Toute les attaques et les défenses proviennent de la pensée, l’intention, le « Yi ». Au contact, la force explose en un clin d’oeil, la pensée est le maître, la force est le disciple, l’esprit ne s’éparpille pas et ne s’arrête jamais. On est centré ! Tel est l’idéal du samouraï.

La force est unifiée avec le chaos primordial cyclique (Hun Yuan); en pratiquant la boxe on a le plaisir libérateur et l’oubli de soi.

Tout ceci ne s’obtient pas rapidement, on doit arriver à l’immobilité dans le mouvement, le mouvement dans l’immobilité. L’immobilité est le mouvement éternel !

Une fois que l’on a le kung fu, on peut faire exploser la force à n’importe quel moment vers l’extérieur durant un combat. Même sans conscience, il est arrivé à des maîtres, qui se croyant attaqués, aient explosé au contact, projetant ainsi une personne, alors évitez les mauvaises blagues avec ceux qui ont le kung fu !

Dans l’entraînement on recherche le bien être et la grâce des mouvements. Dans une confrontation il n’y a que la force et et les formes correctes, ne pas être en contradiction avec l’esprit et les principes fondamentaux du kung fu.

On retrouve cette pensée très présente dans le XinYi Quan puis dans le Yi Quan et dans de nombreux autres styles taoïstes.

Le meilleure entraînement est la posture debout, le zhanzhuang (posture du pilier).Elle a pour but de développer la force interne (Neijin). Cette force est obtenue par absence de tension musculaire, elle vient graduellement au fil des années de pratique. Pour obtenir un résultat, un minimum de 3 années de pratique à raison de 1 heure par jour au minimum est nécessaire. Cette force qui grandit peut ensuite être employée à exploser vers l’exterieur, on parlera de Fa jing, la force explosive.

En application

COMMENT TRAVAILLER AU SAC DE FRAPPE par WANG XIANG ZHAI 1885-1963 (prononcé Wang SSiang Djaï) fondateur du Yi Quan:

Traduit par Mingshan et Yu Jing Yian.

Le travail au sac qu’on utilise est différent de la boxe anglaise. On exerce ses coups avec le corps en état de relaxation et de fluidité, on cherche a éveiller le » Neijin « l’énergie interne pour se préparer au combat libre ou réel. Ce n’est qu’un travail auxiliaire qui ne remplacera jamais le travail postural, l’essayage de la force et le déplacement friction. Notre manière de travailler au sac est seulement un moyen de vérifier notre entraînement de base. Quand on frappe le sac, on ne doit jamais utiliser la force contractée des muscles ; Si je frappe dans un sac lourd, rempli de grenailles ou de pierres avec toutes mes forces cela n’augmentera jamais ma puissance de frappe et cela blessera mon poing et mon poignet. Une fois blessé, on ne peut plus pratiquer. Nous devons savoir évidemment que frapper quelque chose de dur qui est fixe et frapper un adversaire mobile qui frappe, ce n’est pas comparable. Lorsqu’on a l’habitude de frapper sur des matériaux durs et qu’on frappe sur un corps humain, souvent on se blesse le poignet ou les doigts. Car le corps humain a des endroits résistants, élastiques, il peut être dur ou mou. Quand on frappe au sac, c’est pour travailler l’équilibre du corps et les déplacements. Les techniques sont souples et coulées, il y a des rythmes de changement de lenteur et rapidité. Le sac est une aide, la frappe peut être concentrée sur la rapidité et la pénétration, ne pas utiliser la force contractée. La force de frappe doit être courte, la frappe et la poussière sont des choses différentes. Les forces de frappe fait correctement, le sac ne se balance pas. En Yichuan, la frappe incorrecte fait bouger le sac comme une pendule. De l’extérieure cela paraît fort, mais en réalité il y a une différence avec le mode de travail de l’énergie produite par l’entraînement du Yichuan.

Extraits recueillis dans la revue Ceinture Noire d’octobre 2001.

Du courant Interne

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