Le controle de l’énergie interne Le QI

Le Dian Xue (Tien Hsueh) est donc avant tout l’art de concentrer l’énergie d’un coup frappé dans le temps (vitesse d’application) et dans l’espace (précision du coup) sur une zone anatomique vulnérable.

Au centre de cette réussite, le contrôle de l’énergie sur la totalité du parcours de l’arme naturelle, de sa mobilisation initiale à son « explosion » finale à l’impact, en passant par la maîtrise de sa trajectoire correcte et sans qu’il y ait rupture dans le temps. Cette énergie (QI [chi] ) est ce que l’on appelle dans les arts martiaux orientaux « l’énergie vitale ou le souffle vitale » et est bien au-delà de la simple énergie musculaire.

Cette appellation recouvre la totalité des énergies que peut mobiliser un corps humain, aussi bien physiques que mentales, physiologiques que psychiques. La maîtrise de cette « énergie interne  » (Qi Gong), qui circule dans le corps à travers les 12 méridiens (Qing) ainsi que dans les deux canaux médians Tou Mai et Jen Mai, est un art en soi. . Le Qi Gong est au centre des préoccupations d’un pratiquant de Kung-Fu, tellement même, que les nombreuses questions auxquelles on se trouve confronté dans ce domaine ont provoqué bien des réponses hâtives et « fumeuses », s’appuyant sans vergogne sur la naïveté et la crédulité des gens.
Ce qui fait parfois douter du sérieux et de la véracité de certaines prouesses rapportées des temps anciens, lorsque d’authentiques maîtres de Kung-Fu réalisaient des faits hors du commun grâce à la maîtrise de leurs ondes énergétiques (comme par exemple de stopper un adversaire à distance, de le faire tomber en état de choc en posant simplement la main sur lui, ou de résister sans effort apparent à la poussée conjuguée et sauvage de plusieurs adversaires). Même en faisant la part des légendes et celle du rêve, le Qi Gong conserve un intérêt réel qui n’échappera à aucun pratiquant de Kung-Fu désireux d’aller aux racines de sa pratique.

Pour beaucoup il est devenu un art à part entière (Kung-Fu du Nei-Jia). Pratiqué au niveau interne ou externe, un Kung-Fu sans corrélations étroites avec cette énergie interne tomberait dans une banale forme physique, dont toute âme serait absente. C’est le danger évident d’une boxe chinoise contemporaine qui, pour les besoins d’un développement de masse encouragé par quantité de promoteurs aux motivations souvent par trop claires, tourne de plus en plus à un simple sport de combat rejoignant la cohorte de tous les autres, avec les mêmes carences et les mêmes tromperies. Quelques années de concessions à une mode effrénée et de braderie de l’essentiel, pour les besoins de résultats immédiats, risquent fort d’avoir sur l’art traditionnel du Kung-Fu une puissance érosive bien plus néfaste que celle de siècles d’existence diffuse.

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Extraits recueillis dans le livre « le kung fu » de R. Habersetzer chez Budoscope

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