TCHOUANG TSEU

CHAPITRE 4

Tchouang-tseu (Zhuang Zi)

Dans ses écrits, Tchouang-tseu a su admirablement combiner l’inspiration philosophique et l’inspiration poétique.
Les incertitudes qui entourent l’origine du Tao te king rendent d ’autant plus précieuses la propagation et l’interprétation qu’a faites Tchouang-tseu de l’enseignement de Lao-tseu,  son maître. Les écrits de Tchouang-tseu nous livrent l’image d’un taoïsme dans sa pleine maturité. A travers eux transparaissent non seulement le raffinement et l’esthétique de la pensée chinoise, mais aussi le goût âcre de l’esprit critique et la saveur du scepticisme.

Dans son incomparable style, Oscar wilde a écrit :
« Tchouang-tseu, dont il faut prononcer le nom avec précaution, puisqu’il n’est pas écrit, est un écrivain très dangereux. Et la publication de son ouvrage en anglais deux mille ans après sa mort est à l’évidence prématurée, elle risque de causer beaucoup de peine à nombre de gens actifs et profondément respectables. Sans doute un idéal qui pousse au développement et à la culture de soi, ce à quoi tendent du reste ses vues philosophiques, est-il passablement nécessaire au temps que nous vivons, où la plupart des gens prennent tant à coeur l’éducation de leur prochain, que le temps leur manque pour faire la leur. Mais, est-il prudent de l’avouer ? A mon sens, si nous admettions le pouvoir destructeur de certaines des critiques de Tchouang-tseu, il nous faudrait aussi réviser quelque peu cette habitude nationale qui est de sans cesse nous glorifier. Car, ce qui toujours console l’homme de ses stupidités, ce sont les éloges dont il se couvre après qu’il les a faites. »

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Le naturel

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