Le Yi King

LE YI KING
livre des mutations

Il n’y a pas d’avenir. Il n’y a que le flux éternel du présent. Sur cette vérité, ou plutôt sur son expérience, se fonde l’un des plus anciens monuments de l’humanité, le Yi King, art divinatoire et instrument d’éveil. Dans l’ancienne Chine, le Yi King, élaboré à l’usage des princes, des lettrés et des courtisans, était la voie royale de la connaissance de la vie et du cosmos. Lire l’ordre de l’univers pour établir l’harmonie en soi-même: telle était la voie des premiers devins. Mais comment lire cette mouvance, cette perpétuelle gestation du cosmos ? En comprenant que rien ne dure de façon absolue, que seules les lois de la transformation sont éternelles. Par-delà le chaos, percevoir les énergies primordiales… Les fondateurs du Yi King ont condensé ces énergies en une trame mathématique (King: la trame d’une étoffe) de soixante-quatre hexagrammes – soixante-quatre combinaisons structurant le champ infini de l’expérience et correspondant chacune à un archétype de la condition humaine. Yi représente traditionnellement le caméléon. Cet animal change sans changer, puisque sa vraie nature est la transformation.
De même que le caméléon est le miroir de son espace, les hexagrammes sont les réceptacles des rythmes de l’univers où chaque phénomène vibre en harmonie avec les autres. Bien plus qu’un livre de prédictions, le Yi King est une porte ouverte sur les potentialités infinies de l’instant ; par cette plongée dans les champs de force du présent, il nous branche sur ce que Don Juan, le sorcier yaqui, nomme des  » états de réalité non ordinaires  » . Les exégètes ont coutume de différencier les deux usages du Yi King : oracle et connaissance fondamentale. Or le Yi King – et c’est une évidence pour qui s’en imprègne régulièrement – est à la fois oracle et connaissance: connaissance de l’oracle et oracle de la connaissance. Il est pénétration dans les structures intimes et les possibilités d’évolution de tout phénomène.  » Il se peut que la vie demande à être déchiffrée comme u ‘ n cryptogramme « , disait Breton. Consulter le Yi King, c est commencer à déchiffrer son propre rébus, c’est vivre une expérience d’éclairement sur soi-même.
Manier les baguettes, jeter les pièces, c’est maintenir la relation avec la totalité du présent, pénétrer, à un degré ou à un autre, dans la chair même du temps. La physique moderne ne nous affirme-t-elle pas que le sujet est partie intégrante de tout phénomène et que l’atome évolue selon les mêmes lois que la galaxie ? Que reste-t-il aujourd’hui de ces signes divinatoires qui, depuis plus de trois mille ans, ont le pouvoir de structurer l’univers ? L’histoire occidentale du Yi King, introduit en Europe par les jésuites au XVII siècle, est intimement liée au désespoir de ses interprètes ! N’oublions pas que le Yi King fut rédigé en caractères archaïques (dont le sens diffère souvent de celui des caractères modernes) et que toutes les traductions ont été réalisées à partir de transcriptions en caractères modernes. Après diverses tentatives infructueuses de missionnaires ou de lettrés quelque peu bloqués par leurs catégories mentales, la première traduction intelligible (et  » vécue « ) du Yi King fut publiée en Allemagne en 1924 par Richard Wilhelm . Élaguant les commentaires parasites, vibrant à l’unisson avec le dynamisme des hexagrammes, Richard Wilhelm sut transcrire la sève, la respiration et le rythme des anciennes phrases chinoises.  » Pour  » la première fois, écrivit Jung, cette oeuvre la plus profonde  » de l’Orient était introduite en Occident sous une forme  » vivante et accessible.  » Cinquante ans après, le Yi King est devenu la bible de la contre-culture américaine et le compagnon de route des marginaux de la vieille Europe.
Les jeunes générations, notamment aux Etats-Unis, consultent le Yi King aussi naturellement que leurs parents lisait l’horoscope. Le plus vieux livre d’oracles du monde suscite un intérêt croissant (1 million d’exemplaires vendus aux Etats-Unis entre 1970 et 1975). Il est à l’origine de multiples applications: génétique météo, calculs astronomiques, recherches sur ordinateur, technique du jeu d’échecs (64 cases : 32 yin, 32 yang), cours de la Bourse, etc. C’est dans cette perspective, dans cet engouement généralisé, que se situe le projet de Sam Reifler : une interprétation du Yi King destinée directement au  » grand public « . Sur la base immuable des soixante-quatre hexagrammes, les commentaires de Sam Reifler cherchent à transcrire la signification fondamentale des oracles en des termes quotidiens, pratiques, à appréhender leur symbolisme par des formules familières, accessibles à tous. Redonner leur énergie concrète à des concepts inintelligibles pour la plupart des gens d’aujourd’hui, rejoindre ici et maintenant les racines d’une vérité éternelle… afin que chacun devienne plus facilement – peut-être – son propre devin

Zéno Bianu

YI KING PRATIQUES ET INTERPRETATIONS

AUTEUR : Sam Reifler
EDITEUR : ALBIN MICHEL
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Les 64 Hexagrammes

Les oracles Noms en Chinois     (transcription phonétique) Traduction
1 K’ien Le yang
2 K’ouen Le yin
3 Tchouen La difficulté initiale
4 Mong La folie juvénile
5 Su L’attente
6 Soung Le conflit
7 Sze L’armée
8 Pi L’union
9 Siao tch’ou Le pouvoir d’apprivoisement du petit
10 Liu La marche
11 T’ai La paix
12 P’i La stagnation
13 T’ongjen La société
14 Ta yeou La richesse
15 K’ien L’humilité
16 Yu L’enthousiasme
17 Souei La suite
18 Kou La réparation
19 Lin L’approche
20 Kouan La contemplation
21 Che ho Mordre au travers
22 Pi La beauté
23 PO L’éclatement
24 Fou Le retour
25 Wou waiig La simplicité
26 Ta tch’ou Le pouvoir d’apprivoisement du grand
27 Yi La nourriture
28 Ta kouo La prépondérance du grand
29 K’an L’insondable
30 Li Le feu
31 Hien L’influence
32 Hong La durée
33 Touen La retraite
34 Ta tchouang La puissance du grand
35 Tsin Le progrès
36 Mingyi L’obscurcissement de la lumière
37 Kiajen La famille
38 K’ouei La neutralité
39 Kien L’obstacle
40 Hiai La libération
41 Souen La récession
42 Yi L’expansion
43 Kouai La percée
44 Keou La tension
45 Ts’ouei L’accord
46 Cheng La poussée vers le haut
47 K’ouen L’accablement
48 Tsing Le puits
49 Ko La révolution
50 Ting Le chaudron
51 Tchen Le tonnerre
52 Ken L’immobilité
53 Tsien Le développement
54 Kouei mei La jeune mariée
55 Fong L’abondance
56 Lu Le voyageur
57 Souen La pénétration du vent
58 Touei La joie
59 Houan La dissolution
60 Tsie La limitation
61 Tchoungfou La connaissance
62 Siao kouo La prépondérance du petit
63 Kitsi L’accomplissement
64 Wei tsi Avant l’accomplissement

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